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Ce plan est dressé d'après le relevé de l'architecte en chef des monuments historiques, le 10 octobre 1955. En (9), le "ravin de la mort" fait référence au fait qu'on y bousculait les prisonniers pour les abattre sous prétexte d'évasion.
Actuellement, on n'y trouvera plus l'ensemble des baraquements: beaucoup ont été détruits en 1954 par le gouvernement français lui-même, qui n'a laissé subsister que quelques baraquements témoin. Cette énormité était peut-être dans l'air du temps, avec les procès des gardes alsaciens du camp, celui des "malgré nous" d'Oradour.. économiser sur le budget d'entretien pouvait devenir opportun.. Sans doute aussi l'intérêt historique de ce site était-il considéré comme mineur à l'époque. En 2004, on y édifie un monument à la Résistance aux visées nationales, oubliant peut-être quelques autres catégories d'internés.
Le bâtiment vis-à-vis de la cuisine contenait
un musée qui a été incendié le 14 mai 1976, par des personnes ayant écrit "27 janvier 1945" sur les lieux. Le 31 anvier 1945, le camp renfermait 2170 internés adultes et 83 enfants de diverses nationalités. L'extrême droite prétendait que certaines personnes auraient été maltraitées.
Quoiqu'il en soit, quelques années après, quand le "scandale Faurisson"
commençait (une polémique de 78 et surtout 79, avec ses déclarations négationnistes dans le journal
"Le Monde"), cela tombait bien, M. Faurisson
qui prétendait avoir examiné des milliers de pièces
et vu personnellement de nombreux endroits, n'avait plus besoin d'examiner les pièces de ce musée.
Pour les rares endroits restants, la visite du bâtiment 6 donnera encore la nausée à ceux qui verront les "cellules" où les condamnés à mort attendaient leur exécution : Louis XI en paraît magnanime.
Hors de l'enceinte du camp principal, la chambre à gaz (notée en 13 sur le plan) était et est toujours à 500 ou 600 mètres du camp lui-même.
Faurisson écrit :
En Alsace la "chambre à gaz" du Struthof est intéressante à visiter. On y lit sur place la confession de Josef Kramer. C'est par un "trou" (sic) que Kramer versait "une certaine quantité de sels cyanhydriques", puis "une certaine quantité d'eau" : le tout dégageait un gaz qui tuait à peu près en une minute. Le "trou" qu'on voit aujourd'hui a été si grossièrement fait par un coup de burin que quatre carreaux de faïence en ont été brisés. Kramer se servait d'un "entonnoir à robinet". Je ne vois ni comment il pouvait empêcher ce gaz de refluer par ce trou grossier, ni comment il pouvait admettre que le gaz, s'évacuant par la cheminée, aille se répandre sous les fenêtres de sa villa. Qu'on passe dans une pièce voisine et, là, qu'on m'explique cette affaire de cadavres conservés pour le professeur Hirt dans des "cuves à formol", qui ne sont, en fait, que des cuves à choucroute et à pommes de terre, munies de simples abattants de bois sans étanchéité.
Ceci est une citation de "Vérité historique ou vérité politique ?" de Serge Thion, éditions de la Vieille Taupe.
Le texte est d'une telle sottise qu'on peut se demander si M. Faurisson est idiot ou de mauvaise foi. M. Faurisson parle du "trou" qu'on voit aujourd'hui et que vous pouvez voir également sur ce site; ce trou est dû à l'enlèvement de l'entonnoir et de son tuyau, que M. Faurisson ne risquait plus de voir puisque l'entonnoir se trouve au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. Evidemment, si le tuyau et l'entonnoir ne sont plus là, il y un trou dans le mur, et comme il le fait remarquer, la chambre n'est plus étanche dans ces conditions. Par contre, M. Faurisson indique lui-même que Kramer utilisait un entonnoir muni d'un robinet.
Dans ses aveux, Kramer a toujours indiqué avoir versé soit un mélange de sels et d'eau (première version), soit de l'eau (seconde version) dans un entonnoir de ce type. Le produit ou l'eau se déversait dans la cuvette située au-dessous du tuyau, dans la chambre.
Il faut croire que M. Faurisson est soit idiot s'il supposait qu'on avait installé un entonnoir sans le sceller à travers le mur, soit de mauvaise foi, en parlant tantôt de trou, tantôt d'entonnoir, comme cela l'arrange le mieux. L'un n'empêche pas l'autre comme Faurisson a pu confondre le "trou" qu'il a vu, forcément dans le mur avec "quatre carreaux de faïence" brisés, avec celui qui avait été creusé dans le sol en ciment pour y placer la cuvette accueillant le mélange dégazant le cyanure.
On est sidéré aussi de voir le même supposer que la villa du commandant ait pu être atteinte par des émanations de gaz cyanhydriques, puisque le plan montre qu'elle était à 500 mètres de là. L'orifice du tuyau d'évacuation étant à au moins 6 mètres de hauteur, on pouvait très certainement se tenir tranquillement au pied même de la maison servant de chambre à gaz.
Voici une vue d'ensemble depuis le bas de cette colline, où l'on distingue à la fois le camp et les bâtiments de la ferme dont celui de la chambre à gaz.
De nos jours, cette photo ne pourrait plus être prise, de nombreux arbres bouchant la vue vers le camp. La villa Ehret (celle du commandant) est toujours là, apparemment occupée par un particulier; peut-être pour ne pas importuner ce dernier, certains guides disent que le commandant habitait à Schirmeck. Il semblerait que Kramer y ait séjourné en été et peu souvent, le crématoire enfumant tout le camp quand le vent venait du Nord. La chambre à gaz est située dans un des bâtiments à moitié coupés par le bord droit de la photo, au bas de celle-ci et derrière la ferme; la villa Ehret avec sa piscine est située juste avant la série de baraques du camp, au fond de la photo; on la distingue mal mais elle est au bout de la route, mieux visible, qui part sur la gauche juste avant l'entrée du camp. La distance est énorme. On a du mal à saisir pourquoi d'après Faurisson les gaz se seraient répandus "sous la fenêtre de la villa du commandant" plutôt que dans les garages, à gauche de la chambre à gaz, ou vers la ferme au premier plan; la seule réponse possible est que Faurisson pense sans doute davantage impressionner le lecteur en prétendant que le commandant se serait intoxiqué lui-même plutôt que de dire qu'il aurait intoxiqué les ouvriers du garage.
Pour celui qui a été voir, la hauteur de l'orifice du tuyau d'évacuation permettait déjà de se tenir au pied de la maison sans risque. Au plus près du pied de la cheminée la dilution était déjà telle qu'elle aurait permis de donner tout le temps de s'écarter en cas de vent rabattant; et naturellement la dilution progresse d'un facteur compris entre le carré et le cube de la distance, ce qui retire absolument tout danger à quelques dizaines de mètres.
Quant à la pièce voisine où se seraient trouvées des "cuves à choucroute et à pommes de terre" qui auraient contenu des cadavres dans du formol, cette phrase est d'une stupidité confondante.
Les cuves ayant contenu les corps se trouvaient dans le sous-sol de la morgue de Strasbourg, à l'autre extrémité de la plaine alsacienne (70 kms). Si M. Faurisson suppose que les cuves de la morgue pouvaient servir à conserver indifféremment des pommes de terre ou de la choucroute, quiconque aura vu les photos des cuves pourra conclure qu'il s'y connaît beaucoup mieux dans l'art d'outrager les morts que dans la fabrication de la choucroute.
De fait, M. Faurisson semble, au moment où il écrivait ceci, avoir seulement lu quelques documents concernant le Struthof et effectué une visite rapide, en "touriste", des lieux. Il y avait bien des cuves à côté de la chambre à gaz, n'ayant apparemment jamais servi, et dont on se demande, sans aucun témoignage sur leur construction ou leur utilité, à quoi elles auraient pu être destinées, étant bien trop grandes pour le stockage d'aliments. Personne n'a jamais prétendu pour autant que des corps y avaient été déposées. Pour être charitable avec M. Faurisson, je suppose qu'il a participé à une visite guidée, avec un guide ayant peut-être fait un commentaire téméraire sur ces cuves-ci.
En somme, j'en reviens à l'idée qu'il est de mauvaise foi et idiot à la fois, croyant les yeux fermés des supputations sur des les allégations supposées d'un guide encourageant le tourisme - mon épouse, lors d'une visite de CM1 vers 1962 se souvient de ce genre d'affirmations - mais à l'inverse disputant pied à pied les déclarations bien plus historiquement soutenues de Kremer, de Weydert, et se montrant incapable de distinguer entre les deux niveaux de sérieux des affirmations.
M. Faurisson étant empêché de dire des choses condamnables par la loi, il semblerait équitable de citer ici un site où ses camarades n'étant pas soumis à notre loi peuvent le citer.
Je l'aurais bien voulu, mais l'adresse du site de ses camarades renvoie à présent à un site arabophone, semblant lié au terrorisme islamique, ce qui à défaut de permettre de lire M. Faurisson dans le texte, permet de s'interroger sur les relations des personnes jugeant bon de relayer des textes négationnistes sur ce qui était à l'époque abbc.com..
Dans un texte resté disponible quelques années, M. Faurisson, changeant d'argumentaire au gré des vents, s'attachait aux "3 confessions" de Kramer. Deux de ces confessions seraient en français et la troisième bourrée de fautes d'orthographes en allemand. Il tient manifestement ses sources de personnes n'étant pas françaises et ayant donc pu lire les minutes avant le délai des 60 ans imposé aux citoyens français.
C'est parce que M. Pressac a pu obtenir ses renseignements de la même façon que nous les avons cités, et que les aveux de Kramer sont en anglais. Tant que Kramer a exercé ses "talents" il a pu parler allemand, et je ne peux donc préjuger de sa connaissance du français. M. Faurisson dans ce site oubliait complètement son argument absurde sur le "trou" par lequel Kramer aurait déversé des gaz de cyanure, et en revenait finalement aux commentaires de Presssac sur les 2 aveux enregistrés de Kramer.
Faurisson mélangeait malhabilement les faits connus avec les imprécisions connues des aveux. Il notait par exemple que Kramer ignorait l'usage du trou de la porte de la chambre à gaz (qui a servi aux mesures des taux de phosgène) en entretenant la confusion avec l'orifice d'introduction du cyanure, jouait sur la quantité de détails que Hirt avait donnés quant au mode d'emploi des sels de cyanure (faut-il mettre l'eau en même temps ou après; je crois que d'autres témoignages dissipent le doute en faveur des détails des seconds aveux), et plus fort, laissait entendre que Kramer avait été torturé en étant mis en chambre froide une nuit, pour avoir dit que la chambre à gaz avait servi de chambre froide ensuite.
Comme je ne tiens pas à vérifier périodiquement si de nouvelles adresses ne seraient pas devenues entre-temps celles de sites vantant les mérites d'Al Qaîda, je laisse le soin à chacun de rechercher des endroits où lire les argumentaires de Faurisson.
Je me tiens à la disposition des personnes intéressées pour discuter de la validité de tout argument relatif au Struthof.